Pour le développement, le transfert et la commercialisation réussis d’applications d’imagerie bathymétriques multifaisceaux pour l’industrie de la pêche

Gerard Costello et Mike Lamplugh,
Pêches et Océans Canada
Bob Courtney, Vladimir Kostylev, Dick Pickrill, Brian Todd
Ressources naturelles Canada
En permettant de cartographier le relief des fonds marins avec autant de précision que le relief terrestre, cette technologie environnementale a revigoré une industrie de la pêche en perte de vitesse, tout en contribuant à protéger l’habitat marin qui la supporte. Depuis 1992, des scientifiques de Ressources naturelles Canada (RNCan) et de Pêches et Océans Canada (P&O) travaillant au réputé Institut océanographique de Bedford à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, ont mis au point un logiciel unique qui convertit les données des sonars multifaisceaux existants en cartes numériques reproduisant les contours et la composition détaillés des fonds marins. Traditionnellement, les pratiques de pêche au chalut se résumaient à traîner un énorme filet sur de grandes étendues des fonds marins sans en connaître la véritable topographie, ce qui entraînait non seulement la destruction des habitats aquatiques mais aussi d’équipements fort coûteux. En distinguant les différentes textures des fonds marins, comme la présence de sable ou d’affleurements rocheux, le logiciel permet aux utilisateurs de prédire où différentes espèces sont susceptibles de se trouver. Les flottilles de pêche peuvent alors cibler plus efficacement des habitats connus – par exemple, on sait que les pétoncles préfèrent les lits de gravier tandis que les homards affectionnent les fonds rocheux – et ainsi réduire considérablement leurs coûts d’exploitation et la superficie couverte par les chaluts.
Grâce à cette nouvelle technologie, des zones de pêche autrefois inaccessibles ont été ouvertes au large de la Nouvelle-Écosse en 2001, ce qui s’est traduit par un ajout de 29 millions de dollars dans l’économie néo-écossaise au cours des cinq premières années. En permettant de réduire la superficie couverte par les chaluts dans une proportion allant jusqu’à 75 p. 100, l’imagerie multifaisceaux s’avère un allié puissant pour la conservation et la gestion des fonds marins.
