Ressources naturelles Canada.
Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET
Pour l'établissement d'un consortium canadien de l'or et de l'élaboration et du transfert fructueux de techniques d'extraction améliorées afin d'accroître le rendement en or et de réduire les rejets toxiques.

Jean Cloutier, Guy Deschênes, Mike Fulton
Ressources naturelles Canada, Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET
L'or est une des denrées les plus précieuses du monde dont on désire posséder même la moindre paillette. Malheureusement, l'agent de séparation le plus populaire et le plus efficace pour traiter le noble métal est le cyanure, une des substances les plus toxiques du monde.
Le paradoxe de l'or et du cyanure n'a pas échappé aux chercheurs de Ressources Canada aux Laboratoires des mines et des sciences minérales (LMSM) de CANMET qui cherchaient des méthodes plus efficaces d'augmenter le rendement en or tout en protégeant l'environnement dans les mines canadiennes et autour de celles ci. En tant que quatrième producteur mondial d'or et l'un de ses plus importants centres financiers miniers, l'industrie canadienne emploie quelque 370 000 personnes. L'utilisation de cyanure est rigoureusement contrôlée par la réglementation de l'industrie; cependant, il constitue un grave danger pour la santé des gens qui travaillent à proximité ainsi que pour la faune et l'environnement qui entrent en contact avec les effluents contaminés. Ensemble, l'or et le réactif utilisé pour le récupérer coexistent aux extrémités opposées d'une puissante équation.
De telles dichotomies sont communes en recherche et développement au gouvernement fédéral. Dans le cas des LMSM de CANMET, l'élaboration de technologies à valeur ajoutée qui profitent aux secteurs des minéraux et minier doit être pesée par rapport à la protection des travailleurs et de l'environnement. Dans le cadre de l'élaboration permanente de technologies de traitement de l'or, les objectifs des LMSM de CANMET étaient clairs : accroître la récupération de l'or et améliorer le bien-être économique de l'industrie de l'or du Canada tout en réduisant l'utilisation de cyanure et les répercussions écologiques défavorables du processus.
Le défi consistait à parvenir à un équilibre. La plupart de l'or traité au Canada provient de minerais contenant des sulfures. La présence de sulfures métalliques exige d'importantes quantités de cyanure lors du processus de séparation, ce qui aboutit à des rejets qui sont encore loin d'être optimaux. Habituellement, l'addition de nitrate de plomb et d'oxygène améliore la cynétique de la séparation de l'or et l'extraction globale d'or. Le truc consistait à déterminer la quantité précise de chaque réactif nécessaire pour réduire le niveau de cyanure tout en produisant des résultats identiques, voire meilleurs.
En 1994, les LMMS de CANMET ont lancé un consortium de l'or afin d'optimiser les niveaux de réactif pour une diversité d'opérations difficiles; il fut suivi par un deuxième consortium dont l'objet était de contrôler les additions de réactif. En fin de compte, 12 entreprises canadiennes furent impliquées dans un total de 20 projets distincts. La collaboration de l'industrie de l'or était cruciale : l'amélioration des processus signifiait que les intérêts concurrentiels individuels devaient être mis de côté dans l'intérêt de l'ensemble de l'industrie pour que ce travail fondamental puisse être effectué, et que les intérêts propres des participants soient protégés en même temps.
Un des résultats de cette recherche fut la mise en oeuvre du premier catalyseur de cyanure en ligne adapté qui automatise le contrôle de l'addition de réactif. Le travail de mise au point fut tellement réussi pour une mine d'or du Manitoba qu'en un an, elle a réduit sa consommation de cyanure au point où elle n'a plus besoin de son usine de traitement des effluents.
Les répercussions économiques des projets des consortiums depuis 1994 sont évaluées à 62,9 millions de dollars, grâce à la conjugaison de l'augmentation de la production d'or et de la réduction des dépenses de fonctionnement, notamment le coût des réactifs et du traitement des effluents. Les opérations minières qui ont mis en oeuvre la technologie ont bénéficié d'augmentations des quantités d'or récupéré qui vont de 500 000 à 17 millions de dollars par an. Dans certains cas, le processus a prolongé la durée de vie d'une mine ainsi que les emplois des travailleurs. Avant tout, la consommation de cyanure a diminué de près de 50 %, ce qui réduit le danger pour l'environnement et pour la santé et la sécurité des employés des mines.
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De gauche à droite : Yvan Hardy (Chef Scientifique), Guy Deschênes et Mike Fulton des Ressources naturelles Canada, Laboratoires des mines et des sciences minérales de CANMET