Agence canadienne d'inspection des aliments
Pour le développement et le transfert réussis de l'épreuve de polarisation de fluorescence (ÉPF) pour la détection de la brucellose chez les bovins.
Klaus Nielsen / David Gall / Linda Kelly / Walter Kelly / Min Lin / Patricia Smith
Agence canadienne d'inspection des aliments
La capacité de déceler et de diagnostiquer rapidement une maladie est l'un des facteurs les plus importants dans l'arrêt de sa propagation. Malheureusement, le diagnostic exige souvent des tests coûteux et les résultats du laboratoires ne sont transmis que plusieurs jours plus tard, d'où le prolongement de l'exposition à la maladie et le délai dans son contrôle.
Voulant s'attaquer à cette maladie directement sur le terrain, une équipe de scientifiques et de techniciens dévoués du laboratoire (Fallowfield) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) à Ottawa a trouvé une solution fascinante à ce problème. L'épreuve de polarisation de fluorescence (ÉPF), un test de 15 secondes qui permet de déceler la brucellose chez les bovins. En se basant sur le principe voulant que plus la molécule est petite plus elle tourne rapidement dans une solution, l'équipe a mis au point un test qui fait appel à un marqueur fluorescent pour mesurer le temps que prend une molécule pour passer, en tournant, à travers un plan de lumière polarisée. Si des anticorps se greffent à la molécule (la rendant plus grosse), celle-ci bougera plus lentement, indiquant un résultat positif. Une molécule exempte d'anticorps tournera plus rapidement, d'où un résultat négatif.
Il s'agit d'un test simple, fiable et qui n'exige pas de laboratoire. Les résultats sont obtenus sur le terrain, permettant d'identifier et de mettre immédiatement en quarantaine les animaux malades. La technologie elle-même est portable, exécutée à l'aide d'un ordinateur portatif, et elle peut être transportée à dos d'âne — si c'est là la meilleure façon de se rendre dans les régions éloignées. Elle est aussi caractérisée par une grande stabilité dans une grande variété de conditions climatiques, l'équipe intrépide l'ayant mise à l'essai à des températures variant de +55 °C au Mexique à -40 °C dans le Nord canadien. Et tout ceci, à un coût moins du dixième de celui de certains tests existants.
Aucun cas de brucellose n'a été décelé chez les populations de bovins et de bisons d'élevage canadiens depuis 1984. Toutefois, un réservoir de maladies parmi les animaux sauvages canadiens signifie que notre pays doit examiner régulièrement ses bovins pour y déceler tout cas de brucellose. Et pendant que la maladie est sous contrôle ici, elle fait énormément de victimes chez les personnes et les animaux dans d'autres parties du monde.
Connue sous le nom de « fièvre ondulante » chez les humains, la brucellose dure pendant des mois, provoquant une fièvre intermittente et débilitante, et des symptômes semblables à ceux de la grippe. Dans les pays en développement, où l'on consomme des produits laitiers provenant de bovins, de moutons et de chèvres malades, on rencontre encore des milliers de cas de brucellose humaine. Dans certaines parties d'Amérique latine, jusqu'à 25 pour cent de la population est atteinte de cette maladie.
Ici, au Canada, les conséquences économiques potentielles d'une épidémie de cette maladie sont terrifiantes. Le Canada est un important exportateur d'animaux, surtout de porcs et de bovins. « Notre succès repose sur notre capacité de revendiquer l'absence de cette maladie chez les animaux et dans nos produits », souligne le Dr Klaus Nielsen, scientifique en chef de l'équipe. La bonne nouvelle, l'ÉPF est maintenant approuvée comme test officiel pour la détection de la brucellose au Canada. Cette épreuve peut aussi être adaptée pour des tests de détection d'autres maladies, comme la tuberculose. Ce n'est maintenant plus qu'une question de temps — et d'aide financière — avant que des tests semblables ne soient mis au point pour tout un éventail de maladies animales et humaines.
La route qui a mené à la transformation de cette technologie en un produit viable a été parsemée de défis, notamment lorsqu'il a fallu trouver un partenaire pour la fabrication de l'unité de traitement des données. Après une recherche intensive pour trouver une compagnie ayant les capacités requises, l'ACIA est finalement tombée sur un partenaire américain, la compagnie Diachemix, pour entreprendre la fabrication du produit et l'octroi de licences. Le prochain défi : la diminution du coût unitaire de l'équipement pour qu'il soit abordable pour tous les gouvernements de la planète.
Jusqu'à maintenant, l'utilisation du test est approuvée aux États-Unis, au Mexique et en Argentine, et il fait l'objet d'évaluations pour son utilisation dans huit pays européens. Pour le moment, l'organisation internationale de la santé animale, l'Office international des épizooties (OIE), a approuvé l'ÉPF comme test de remplacement pour la brucellose bovine. Lorsque suffisamment de pays membres seront en mesure d'utiliser l'ÉPF pour la brucellose, l'OIE en fera le test réglementaire pour la détection de cette maladie.
Commanditaire :
IBM Canada


De gauche à droite : Min Lin, Walter Kelly, Linda Kelly, Klaus Nielsen, Patricia Smith, David Gall