Pêches et Océans / Halifax County Sea Urchin Harvesters Association / Ian Barkhouse / Conseil national de recherches Canada
Élaboration d'une stratégie et d'un protocole de concentration d'oursins pour améliorer l'industrie en Nouvelle-Écosse
Robert Miller
Institut océanographique de Bedford, P&O
Allen Baker
Halifax County Sea Urchin Harvesters Association
Ian Barkhouse
Biologist
Andy Woyewoda
Programme d'aide à la recherche industrielle, CNRC
Les oursins empoisonnent peut-être la vie des plongeurs et des baigneurs en eau salée, mais les pêcheurs de la côte est de la Nouvelle-Écosse qui éprouvent des difficultés financières les considèrent maintenant comme un « trésor nouvellement découvert ». Grâce à une méthode simple mais ingénieuse permettant d'augmenter le nombre d'oeufs d'oursins récoltés dans des conditions contrôlées d'octobre à avril, on a réussi à quintupler la valeur commerciale du stock. Le projet de deux ans constitue un modèle de collaboration à suivre entre un groupe d'intérêt local, notamment la Halifax County Sea Urchin Harvesters Association, l'Institut océanographique de Bedford du ministère des Pêches et des Océans et le Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada. Tous les membres de l'équipe ont mis au point et ont adopté des méthodes permettant de manipuler le milieu dans lequel l'oursin s'alimente, augmentant ainsi substantiellement le nombre d'oeufs. Comme c'est le cas pour la plupart des inventions, il a fallu tout d'abord définir le problème avant de trouver une méthode plus efficace de poursuivre cette ancienne tradition. Le Japon constitue le principal marché de l'oursin. Il importe la majeure partie de la production canadienne. Pour qu'un produit soit de très grande qualité, les oeufs doivent être nombreux, de couleur orange doré et à un stade de maturité peu avancé. La difficulté d'exporter le produit canadien était la suivante : le nombre d'oeufs est fonction de variables imprévisibles, notamment les habitudes de migration et d'alimentation des oursins. Comme il est impossible de déterminer le nombre d'oeufs tant que l'oursin est vivant, de nombreuses récoltes n'ont produit qu'une proportion d'oeufs variant de 5 à 10 p. 100 qui se sont vendus à seulement 50 cents la livre. De plus, les oursins ont tendance à se reproduire en trop grand nombre dans certaines zones, ce qui détruit les lits de varech mêmes dont ils ont besoin pour se nourrir.
Pour régler le problème, on a pris une série de mesures pour élaborer des stratégies et des protocoles en vue de concentrer les oursins sur des lits de varech identifiables et en bon état. En 1995, conformément aux conseils donnés par M. Robert Miller qui est un spécialiste de l'oursin, le MPO a modifié la nature de la pêche en créant des zones de gestion d'une largeur variant de 3 à 7 milles à l'intention de 17 détenteurs de permis. Ceci a permis aux huit membres de l'association de récolteurs créée spécifiquement à cette fin de se concentrer sur l'accroissement de la valeur des oursins récoltés dans leurs propres zones. Puis, le groupe a entrepris un projet parrainé par le PARI en vue d'embaucher le biologiste Ian Barkhouse et de suivre un plan expérimental d'observation des habitudes de vie de l'oursin en plus de mettre au point les techniques de concentration des oursins sur des lits regarnis avec du varech récolté manuellement sur les plages ou dans d'autres lits en meilleur état. Par ailleurs, le biologiste Ian Barkhouse et le président de l'Association Allen Baker se sont rendus en Californie, grâce à l'aide procurée par le PARI, pour connaître d'autres méthodes et techniques de récolte mécanisées. En voici les résultats : on a pu récolter pendant l'hiver de 1997-1998 un corail pouvant représenter jusqu'à 15 p. 100 qui s'est vendu sur le marché japonais à 2,50 $ la livre. De plus, les Japonais considèrent maintenant que les oursins de la Nouvelle-Écosse sont les meilleurs au monde. Depuis, on a pu récolter au large de la côte est de la Nouvelle-Écosse des oursins dont le nombre d''ufs était le plus élevé de tous les oursins capturés jusqu'à ce jour, c'est-à-dire 26 p. 100. Cette technique a permis non seulement d'obtenir un meilleur prix la livre, mais aussi de mettre au point une activité durable facilement transférée à d'autres zones de récolte d'oursins partout dans le monde.
Commanditaire :
Perley-Robertson, Hill & McDougall
