Bref examen de l'atelier et de ses objectifs
Principaux objectifs
Extraits clés de l'atelier
Défis à relever de la collectivité du transfert de technologie
Recommendations
Graham Taylor, Centre de recherches sur les communications Canada, Ottawa
Arthur Carty, président, Conseil national de la recherche du Canada, Ottawa
Doug Gill, Université de Western Ontario, London
Tofy Mussivand, WorldHeart Corporation, Ottawa
Ilse Treurnicht, Primaxis Technology Ventures Inc., Toronto
Ken Lievers, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherches de Lethbridge
Jocelyn Paré, Environnement Canada, Centre de technologie environnementale, Gloucester
Greg Barratt, Communitech Association Inc., Waterloo
John Gordon, Queen's School of Business, Kingston
Janet Scholz, Université of Manitoba, Winnipeg
Ross McCurdy, InNOVAcorp, Dartmouth
Lorne Heslop, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa
Jeff Skinner, University College London Ventures, London, UK
David Salay, Battelle-Great Lakes Industrial Technology Centre, Cleveland, OH
Tom Churchwell, Arch Development Corporation, Chicago, IL
John Benesh, John Benesh and Associates, Ottawa
Pierre Fortier, Innovitech Inc., Montreal
James Murray, Université de l'Alberta, Edmonton
Hany Moustapha, Pratt & Whitney Canada, Longueuil
John Woodley, Sim and McBurney, Toronto
Periode en bref de Question/Reponse
Thomas Brzustowski, Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada, Ottawa
Bernie Arbez, Industrie Canada, Ottawa
Mariette Plante, Secrétariat du Conseil du Trésor, Ottawa
Ken Wheat, Secrétariat du Conseil du Trésor, Ottawa
Prix d'excellence des PFTT 2000
COMPTE RENDU
L'atelier de cette année a attiré plus de 100 participants du Canada,
de même que quelques personnes de l'étranger; il y avait des
représentants de laboratoires gouvernementaux, d'universités et du
secteur privé. Le compte rendu comprend ce qui suit : a) un bref examen
de l'atelier et de ses objectifs; b) les défis que doivent relever les
laboratoires gouvernementaux et les universités en matière de transfert
de technologie; c) les recommandations et les suggestions formulées par
les conférenciers et les participants, que soit pendant l'atelier ou
par les formulaires d'évaluations qui ont été présentés; d) un court
sommaire des présentations. À l'annexe B, les récipiendaires des prix
de PFTT et leur technologie sont mis en évidence.
Bref examen de l'atelier et de ses objectifs
Le 19 juin, les thèmes suivants sont traités :
Il y a un débat de spécialistes, modéré par Ilse Treurnicht, président
et chef des opérations de Primaxis Technology Ventures Inc.; le débat
donne un aperçu des différents points de vue sur les compétences
nécessaires à la commercialisation technologique. Des exposés suivent
ensuite; la modératrice est alors Margot Montgomery, directrice
générale, Programme d'aide à la recherche industrielle. Les questions
suivantes, liées aux options canadiennes et à la façon d'acquérir les
bonnes compétences en temps opportun, font l'objet de discussions :
Le 20 juin, un débat de spécialistes, modéré par Lorne Heslop, analyste
principal de la politique scientifique, Agriculture et Agroalimentaire
Canada, et président de Partenaires fédéraux en transfert de
technologie, permet d'en apprendre sur d'autres milieux. Les experts,
qui viennent des É.-U. et du R.-U., expliquent comment ils se servent
du transfert de technologie, au bénéfice de leur organisme. John
Benesh, président de John Benesh and Associates, joue ensuite le rôle
d'intervieweur lors d'une discussion libre portant sur les solutions
possibles en matière de perfectionnement des compétences. Après le mot
de la fin par M. Brzustowski, deux séances facultatives d'information
ont lieu; la première porte sur la nouvelle politique du Conseil du
Trésor du Canada, « **Title to Intellectual Property Arising Under
Crown Procurement Contracts »; la seconde, traitant de la Stratégie
d'information financière, met l'accent sur le virage du gouvernement
fédéral en direction de la comptabilité d'exercice et sur les
répercussions de cette approche dans les ministères et organismes à
vocation scientifique.
Défis à relever de la collectivité du transfert de technologie
Afin de relever les grands défis et de donner suite aux conclusions
clés, un certain nombre de recommandations sont formulées, certaines
étant propres à PFTT, d'autres englobant la collectivité élargie du
transfert de technologie.
JOUR 1 - Sommaire des exposés
Graham Taylor, Centre de recherches sur les communications Canada, Ottawa
M. Graham Taylor souhaite la bienvenue à tous et les remercie de leur
présence à l'atelier PFTT 2000, dont le thème est **Skills Development
in Technology Transfer. Il dit que l'atelier a pour objet de trouver
les solutions aux lacunes du cycle de l'innovation, et ce, par le
travail d'équipe et la collaboration. L'atelier doit être une occasion
de combler le vide en invitant de brillants cerveaux du gouvernement,
des universités et du secteur privé à échanger entre eux des
expériences et des idées. Il encourage les participants à « sortir des
sentiers battus » afin de trouver des solutions aboutissant à des
mesures qui sont nécessaires pour promouvoir la commercialisation
technologique au Canada.
M. Taylor loue le dur labeur de Catherine Deschatelets-Cullen et de
Rosanne Zarka du service administratif de PFTT, lesquelles ont organisé
cet atelier et ont veillé au fonctionnement efficace du Service. M.
Taylor présente ensuite Morna Paterson et la félicite de sa nomination
comme directrice de Partenaires fédéraux en transfert de technologie
(PFTT), poste qu'elle occupe depuis le départ de Jocelyne Caloz.
Pour voir cette présentation
Arthur Carty, président, Conseil national de la recherche du Canada, Ottawa
M. Carty inaugure l'atelier en déclarant que l'innovation est le
processus par lequel les nouvelles connaissances et technologies sont
créées et transformées en produits et services.
Il suggère cinq méthodes permettant à PFTT d'aider le gouvernement
canadien à améliorer sa capacité de transférer la technologie de façon
efficace et efficiente. Les voici : s'attaquer aux problèmes
horizontaux liés au transfert de technologie; offrir un forum aux
ministères et organismes fédéraux à vocation scientifique; donner aux
membres de PFTT des occasions de travailler avec des chefs de file
mondiaux du transfert de technologie; concevoir une infrastructure de
politiques et de programmes à l'échelle du gouvernement, qui encourage
le transfert des connaissances aux PME; favoriser la sensibilisation du
public aux activités du transfert de technologie et de connaissances
fédérales.
M. Carty souligne le fait que la recherche sert de catalyseur pour la
transformation des dollars en connaissances, tout comme l'innovation
agit comme simulateur de la transformation des connaissances en
dollars. La recherche et le développement sont déterminants pour
l'innovation; ils ne sont toutefois pas les seuls éléments en cause. Il
importe de se rappeler, ajoute M. Carty, que, si les nouvelles
connaissances et idées sont créées par la recherche, il faut réussir à
les développer en nouveaux produits et procédés du marché afin de
compléter le cycle.
Il mentionne également certains objectifs à poursuivre en vue de
combler les lacunes existantes sur le plan de l'innovation. Il faut en
premier lieu sortir les idées des laboratoires et les lancer sur le
marché, car cela est fondamental à l'édification d'une économie axée
sur le savoir. L'inverse devrait également se produire, à savoir, que
la commercialisation et le sens aigu des affaires servent à fournir des
idées aux laboratoires. En second lieu, il faut offrir plus de
formation en la matière, problème sur lequel le gouvernement, les
intervenants du transfert de technologie et les homologues des
universités peuvent tous travailler ensemble. Il conclut en déclarant
que, dans la tentative de mettre sur pied ce partenariat et de miser
sur celui-ci, les points suivants sont importants : encadrement,
établissement de réseaux, ateliers, conférences, cours, programmes
coopératifs et d'entrepreneuriat).
Doug Gill, Université de Western Ontario, London
Adoptant le point de vue de l'**Association of University
Technology Managers (AUTM), Doug Gill, vice-président de la section
canadienne, insiste sur le besoin de renforcer les liens entre les
universités, les laboratoires de recherche et les gouvernements. Il
déclare qu'il est actuellement nécessaire de posséder de meilleures
ressources pour évaluer, protéger et commercialiser les nouvelles
découvertes. Il déclare qu'il faudrait accorder aux universités
canadiennes le mérite d'avoir déjà procédé à des améliorations
appréciables dans leurs efforts pour innover davantage. Il fournit
aussi des preuves à l'appui de ses affirmations, partageant des
statistiques sur l'apport de plusieurs universités canadiennes.
L'Université de la Colombie-Britannique a créé deux entreprises liées à
des inventions de l'Université, et elle est à la source de 91
entreprises dérivées au cours d'une période de16 années, et 80 p. 100
de ces entreprises fonctionnent encore; l'Université de l'Alberta a eu
un revenu de 3 millions de dollars US en 1998; plusieurs autres
universités ont dépassé le seuil du million de dollars US en 1999.
Il souligne plusieurs défis qui, s'ils étaient relevés, permettraient à
des professionnels hautement qualifiés de travailler dans des domaines
interdisciplinaires et de posséder le savoir-faire pour transférer plus
efficacement la technologie. Les tâches suivantes sont énumérées par
M.Gill :
Tofy Mussivand, WorldHeart Corporation, Ottawa
M. Tofy Mussivand parle de son vécu avec les complexités et les
difficultés de la recherche et du développement de produits et explique
comment le tout a débouché sur la création d'une nouvelle entreprise.
Il formule des suggestions sur ce qu'il faut faire et ne pas faire lors
de la commercialisation de nouvelles technologies. M. Mussivand raconte
sa lutte pour concrétiser son rêve d'aider les personnes victimes
d'insuffisance cardiaque à prolonger leur vie, c'est-à-dire concevoir
et lancer sur le marché un dispositif d'assistance ventriculaire (DAV)
gauche, dont le nom est HeartSaver. Son point clé, sur lequel il
revient plusieurs fois, est l'importance de la foi en soi ainsi qu'en
son entreprise et en son produit.
M. Mussivand prétend qu'il est possible de commercialiser de la
recherche des laboratoires universitaires et gouvernementaux. Ce
processus peut toutefois prendre beaucoup de temps et s'accompagner de
nombreuses frustrations. Pour lancer une technologie sur le marché,
quelqu'un a besoin de comprendre clairement ce marché ainsi que le
créneau qu'une invention doit y occuper. Par exemple, WorldHeart
cherche à développer un produit qui abaissera le taux de mortalité lié
à l'insuffisance cardiaque. Il y a des produits concurrents, mais un
avantage concurrentiel majeur de WorldHeart tient à ce qu'il améliore
infiniment la qualité de la vie des utilisateurs parce qu'il est
complètement implantable. Le but ultime et global est de réduire le
nombre des personnes dont la vie est gâchée par suite de la défaillance
cardiaque, de même que l'énorme coût du traitement de cette maladie
mortelle, à la fois pour les patients, les hôpitaux et le gouvernement.
Si WorldHeart doit jouer un rôle significatif dans la réalisation de
cet objectif, il faudra poursuivre la recherche et le développement
afin de conserver l'avantage technologique permettant au HeartSaver
d'être un des DAV généralement accepté par la profession médicale.
Comme pour n'importe quel processus de recherche et de
commercialisation, WorldHeart avait besoin de trouver la technologie
adéquate, le personnel talentueux et compétent, les sources de
financement, les installations nécessaires à la recherche et, un jour,
à la fabrication du produit. En tout premier lieu, il lui fallait la
vision, le désir et la volonté nécessaires pour concrétiser le projet.
Il fallait un groupe cadre de personnes consciencieuses, croyant à la
vision, facteur déterminant de toute entreprise risquée qui réussit.
M. Mussivand, WorldHeart et l'Institut de cardiologie de l'Université
d'Ottawa avaient plusieurs défis à relever pour le développement d'un
modèle de cœur artificiel nouveau et plus efficient. Après plusieurs
subventions, le DAV (dont le nom est maintenant HeartSaver) est devenu
la solution aux défis qui avaient été énumérés. Certains de ses
avantages sont sa structure légère (il fallait passer d'un modèle de
300 lb, tel le Jarvik des débuts, à un autre, pesant 600 grammes); un
système de contrôle sans intrusion; l'autonomie : après l'installation,
le patient n'est pas retenu par l'hôpital puisque la performance du
cœur peut être surveillée à distance.
M. Mussivand parle de plusieurs leçons rudimentaires tirées de ses expériences au cours du perfectionnement du Heart Saver :
Ilse Treurnicht, Primaxis Technology Ventures Inc., Toronto
Ilse Treurnicht donne un aperçu des compétences nécessaires à la
réussite d'un entrepreneur, des forces ou des défis dont il faut
s'occuper afin que des occasions se présentent, des écueils qu'il faut
éviter pour réduire au minimum les risques liés aux entreprises qui
démarrent.
Elle insiste sur l'importance de mettre l'accent sur les aptitudes
essentielles à la réussite, car " nous ne sommes vraiment qu'au tout
début de l'itinéraire de la commercialisation technologique au Canada
". Ces aptitudes comprennent trois éléments : trouver une possibilité
sur le marché, tracer une voie de commercialisation claire, trouver les
bonnes personnes qui participeront à l'exécution.
Mme Treurnicht explique que l'objectif de la commercialisation
technologique est de maximiser les avantages que retire la société de
notre investissement en recherche. Elle ajoute que les avantages sont
de plus en plus parallèles aux entrées de fonds. Elle souligne le fait
que la transformation d'une bonne idée en entrée de fonds dans
l'organisme de quelqu'un est essentielle au succès. Quant à la
délivrance de licences, il importe de veiller sur la propriété
intellectuelle en l'administrant, en lui donnant de l'ampleur et en se
portant à sa défense. Au démarrage, une entreprise doit s'occuper de la
propriété intellectuelle, mais ce qui prime, c'est de trouver une
équipe de gestion, d'obtenir le financement et de construire
l'entreprise. Il ne faut pas oublier les " trois R de la
commercialisation " : risque, récompense et ressource.
Mme Treurnicht signale que, bien qu'il y ait de grandes forces
intimidantes, telles l'économie Internet et la révolution
biotechnologique, il y a aussi de nombreuses occasions extraordinaires.
L'accroissement de la demande pour les compétences et pour les
ressources s'accompagne d'attentes supplémentaires de réussite; par
conséquent, les dirigeants d'une entreprise sont très importants.
L'innovation est essentielle à la technologie; c'est la base d'où
émergent les produits et services. Tout comme la technologie ne se
métamorphosera pas en produits et services, les produits et services ne
passeront pas automatiquement sur le marché; il faut donc un plan de
pénétration. Les ventes viendront après un investissement d'énergie et
de temps.
Il est obligatoire, selon Mme Treurnicht, que de la valeur soit ajoutée
à chaque stade sur la courbe de la commercialisation. Au stade du
développement, il est essentiel de conclure de bonnes ententes, de
constituer des équipes de gestion et de former des réseaux mondiaux.
Nouer des relations internationales est actuellement le plus grand défi
des entreprises canadiennes qui doivent se mondialiser à la hâte. Au
stade de la commercialisation, il est crucial de se rappeler que, dans
une bonne entreprise, on connaît bien la réaction du marché.
Mme Treurnicht émet l'opinion que le défi prédominant de l'heure est de
construire un pont entre l'industrie, le gouvernement et les
universités. L'insertion de ce lien améliorera les relations entre la
collectivité possédant les connaissances et la collectivité des
affaires qui sont appelées à travailler ensemble au développement d'un
produit. Les éléments de ce pont sont simplement de bonnes personnes et
de l'argent bien dépensé.
Mme Treurnicht suggère quelques objectifs sur lesquels il faut
s'attarder afin de favoriser des liens plus étroits entre les
laboratoires universitaires et gouvernementaux. Une entreprise devrait
embaucher du personnel capable de percer le mur existant entre le
groupe des inventeurs et la collectivité réceptrice. Il faut recourir à
des façons originales et économiques de former ce nouveau personnel
parce que les fonds sont limités dans les nouvelles entreprises. Donner
aux jeunes la chance de séjourner dans une entreprise naissante ou leur
offrir la rotation dans les bureaux permettrait à ces jeunes d'acquérir
rapidement de l'expérience interfonctionnelle. Elle résume en
conseillant aux entreprises qui démarrent " d'emprunter, d'adopter, de
perfectionner ou de concevoir des processus spécialisés servant à
l'évaluation de la technologie, à l'évaluation du marché, à la gestion
de projet, à la gestion de portefeuille, à la gestion des relations
avec la clientèle ".
La création d'un environnement favorable à la fois à l'apprentissage et
à la construction est utile. Un contexte d'apprentissage exige ce qui
suit :
Ken Lievers, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherches de Lethbridge, Lethbridge
Ken Lievers explique que les responsabilités d'un agent du transfert de
technologie (ATT) comportent de nombreux aspects. Pour lui, le travail
d'ATT se compare à quelqu'un qui, sur un lac, a un pied dans une
chaloupe commerciale et l'autre dans une chaloupe scientifique. Lien
essentiel entre l'industrie et les collectivités technologiques,
l'agent de liaison industrielle doit nécessairement posséder une gamme
de compétences permettant de survivre et de lutter dans ce contexte.
Chaque organisme à son propre mandat, et c'est lui qui dicte
l'envergure et l'expertise essentielles à sa fonction en transfert de
technologie.
Il présente un peu d'information générale sur Agriculture et
Agroalimentaire Canada. Sa mission est d'améliorer la compétitivité
existante du secteur canadien de l'alimentation et de l'agriculture, et
ce, par le développement et le transfert de technologies originales.
Depuis le milieu des années 1980, il y a eu « deux orientations », ce
qui signifie qu'il y a eu de la recherche sur deux fronts : bien public
et technologie commercialisable. La première tâche est de voir à ce que
de la nouvelle technologie soit développée pour le secteur
agroalimentaire canadien et qu'elle y soit utilisée. La seconde tâche a
trait à l'augmentation du revenu de la recherche et du développement.
Très peu de technologies clés en main (celles qui sont complètement
développées par les services internes et pour lesquelles, ensuite, des
licences sont délivrées) sont commercialisées par AAC; en général, il
s'agit de collaborer à des travaux de R. et D. Le fait d'avoir une
entreprise réceptrice intégrée collaborant avec nous accroît la
rapidité et augmente l'efficacité du transfert de la technologie
produite.
M. Lievers souligne aussi que les retards et le manque d'outils peuvent
nuire à un ATT et l'empêcher de bien répondre à ces attentes. Ce qui
est attendu d'un ATT diffère selon le milieu où il travaille. D'une
part, par exemple, les dirigeants de l'entreprise et ses gestionnaires
peuvent demander davantage à un ATT que ce qu'il est en mesure de
livrer, notamment agir à titre de courtier en technologie et avaliser
un produit. D'autre part, la communauté financière peut s'attendre à ce
que l'ATT soit à l'affût de nouvelles possibilités. M. Lievers laisse
entendre qu'une des raisons de ces attentes irréalistes tient à une
conception erronée, à savoir que les responsabilités des ATT sont ou
très peu nombreuses ou sans importance. Un ATT est souvent aux prises
avec un problème de crédibilité, car sa profession englobe beaucoup
plus qu'il n'y paraît.
Voici certains problèmes dont doivent s'occuper les ATT :
Jocelyn Paré, Environnement Canada, Centre de technologie environnementale, Gloucester
Selon Jocelyn Paré, chef, Procédés assistés par micro-ondes,
division du Centre de technologie environnementale, les rôles de
l'inventeur, de l'agent du transfert de technologie ainsi que de la
direction dans le domaine du transfert de technologie ne sont pas
toujours clairs.
La gestion de la propriété intellectuelle englobe les brevets et les
marques de commerce; il faut, par conséquent, choisir une stratégie
préliminaire de délivrance de licences. Ensuite, l'organisme délivrant
les licences doit croire que la technologie a de la valeur. Il
mentionne qu'il existe une ligne ténue entre l'endroit où commence le
bien public et celui où il finit. Afin d'évaluer les risques,
l'entreprise devrait mettre en place un mécanisme de gestion de ces
dangers potentiels.
M. Paré signale que, puisque la technologie repose le plus souvent sur
un procédé, il est important de penser aux façons de faire respecter
les brevets de procédé. Il suggère d'élaborer un plan stratégique, dans
le cadre duquel il est demandé aux scientifiques de convaincre l'ATT de
la valeur de leur technologie. Le plan doit être raisonnable; le
scientifique doit demeurer réaliste et il faut vérifier la science. M.
Paré suggère aussi qu'il y a lieu d'avoir à l'esprit l'impact qu'aura
la technologie de même que l'endroit où elle pourra servir. Des
perspectives réalistes s'imposent en permanence lorsque la technologie
servira le bien public; il ne faudrait toutefois pas sous-estimer la
technologie simplement parce qu'elle n'est pas exploitée
commercialement. Il mentionne que les scientifiques devraient bien
comprendre le secteur visé par le plan de mise en marché de
l'entreprise; ce n'est qu'ainsi que la technologie comme l'organisme
seront bien protégés. Ils devraient amorcer le processus des
préparatifs et de suivi afin d'éviter tout blâme subséquent. M. Paré
conclut en déclarant que, pour éliminer toute possibilité de
malentendu, les scientifiques doivent veiller à ce que le libellé du
brevet soit exact.
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Greg Barratt, Communitech Association Inc., Waterloo
Greg Barratt, président, Communitech Association Inc., donne une
idée générale de son organisme. Il mentionne que l'Association est,
pour la région de Waterloo, le porte-parole en matière de technologie
de l'information, de fabrication de pointe et de biotechnologie.
L'Association se fait catalyseur de collaboration - un de ses rôles
utiles. M. Barratt explique que Communitech met non seulement en œuvre
des mécanismes accélérant l'arrivée de la technologie sur le marché,
mais elle permet aussi de générer plus rapidement de bonnes idées. Elle
offre une gamme de services aux membres. En outre, elle accepte d'aider
des personnes à l'extérieur de Waterloo à en apprendre davantage sur la
collectivité et à les mettre en rapport avec des sociétés membres
particulières.
M. Barratt indique que les groupes homologues sont un des programmes
les plus efficaces, favorisant le dialogue entre les entreprises, ce
qui, ensuite, sert à améliorer le transfert de technologie. Ces groupes
encouragent les personnes occupant des postes semblables dans des
entreprises à se parler régulièrement, à s'encadrer mutuellement et à
partager les pratiques exemplaires.
Depuis son entrée en fonction à titre de président, en avril, M.
Barratt a déterminé certains objectifs que doit atteindre l'Association
afin de permettre l'accès rapide aux ressources adéquates. Il décrit
l'offre fondamentale de Communitech, signalant que ces programmes
fourniront des occasions de constituer des réseaux, d'échanger de
l'information dans le cadre d'un colloque ou d'une conférence,
d'entendre des conférenciers de l'extérieur de la ville ou d'avoir des
activités dans des groupes homologues. La défense de droits est le
deuxième point qu'il décrit. Bien que le lobby entre en jeu, la défense
des droits comprend surtout des efforts pour réunir les gens qui ont
des idées semblables en la matière. Il faut tenir compte de plusieurs
choses à cet égard : capital humain; ressources financières;
immobilier; taxes; infrastructure. Le troisième point consiste à mettre
sur pied et à maintenir un réseau accélérateur. Lorsqu'une entité
émettrice aura passé avec succès par le mécanisme d'évaluation, des
mentors lui seront assignés. Le processus, comportant un mécanisme
d'évaluation générale - autre chose offerte par Communitech -, sera
l'un d'au moins trois ou quatre modèles. Par exemple, ce pourrait être
quelqu'un appelé à jouer un rôle de mentor en vue de guider une jeune
entreprise dans son cheminement, ou une personne désireuse d'aider le
personnel à comprendre ce qu'il faut pour concevoir un plan
d'activités.
Le plan d'activités est essentiel, étant la seule preuve de deux choses
: la possibilité de commercialiser le produit a été soigneusement
envisagée; des réponses ont été apportées aux questions suivantes : Y
a-t-il un marché pour la technologie? La technologie est-elle unique?
S'il y a de bonnes entreprises qui démarrent, Communitech leur fait
suivre le cheminement suivant : améliorer le plan; peaufiner
l'histoire; chercher preneur pour le plan. Le plan doit être
constamment amélioré afin qu'il demeure solide. L'histoire devrait être
si peaufinée que l'entreprise réussisse à retenir l'attention du
destinataire en une minute ou moins; en 15 minutes ou moins, il
faudrait exposer les points les plus importants des affaires. Au stade
final, « chercher preneur pour le plan », Communitech aide les
entreprises naissantes en leur conseillant des sources de capital.
M. Barratt souligne plusieurs objectifs à venir. En raison des attentes
plus nombreuses, il y a lieu d'élaborer une stratégie détaillée axée
sur chacun des objectifs mentionnés. Après cela, le défi de l'année
suivante sera d'exécuter le plan. Communitech poursuivra un autre
objectif : il faudra continuer de miser sur les partenariats reposant
sur divers niveaux d'éducation et paliers de gouvernement, sur les
chambres de commerce et/ou les groupes de développement économiques.
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John Gordon, Queen's School of Business, Kingston
John Gordon présente de l'information sur un programme qu'il a mis sur
pied à l'Université Queen's en 1996. Le fait d'avoir annuellement
quelque 100 000 diplômés MBA en Amérique du Nord a engendré une
critique, à savoir que le diplôme MBA devenait un produit de base,
plutôt qu'une carrière. Par conséquent, un programme distinct, la
maîtrise en administration des affaires (MBA), science et technologie,
a été créée.
Plusieurs de ses caractéristiques la rende unique. Par exemple, c'est
un cours à plein temps, sur le campus. M. Gordon mentionne que la durée
est d'une année, comportant quatre trimestres. En raison du court
calendrier, il n'y a guère d'options pour les étudiants. Au plus, 60
étudiants sont admis annuellement. Pour être admissible, un étudiant
doit avoir des acquis en science et en technologie, c'est-à-dire, au
moins deux ans de travail après avoir terminé des études de premier
cycle en science ou en technologie. Les candidats doivent également
aspirer à des postes de direction en science et en technologie (S. et
T.). M. Gordon insiste sur le fait que l'enseignement de la S. et T. ne
fait pas partie du programme d'études.
Le contenu du cours est divisé en modules comportant des projets
relatifs aux affaires. Ces travaux comprennent l'élaboration d'un plan
d'activités pratiques, conçu par les étudiants, et qui sera présenté à
un vrai client. Un groupe d'investisseurs en capital de risque porte un
jugement sur l'évaluation de ce plan d'activités. Pendant quatre
semaines, les étudiants doivent aussi réaliser un projet pour une
entreprise donnée.
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Janet Scholz, Université du Manitoba, Winnipeg
Janet Scholz, à titre de vice-présidente, Planification, **Association
of University Technology Managers (AUTM), parle de se tenir au courant
et de se perfectionner professionnellement. Elle explique que la
réussite en transfert de technologie repose sur un ensemble de facteurs
: une bonne technologie, quelqu'un qui la veut, un professionnel du
transfert de technologie pouvant mettre sur pied une affaire et
conclure le marché. Pour exécuter l'entente, un agent du transfert de
technologie doit négocier constamment. Elle décrit ainsi un
administrateur du transfert de technologie : quelqu'un qui présente les
caractéristiques et les qualifications d'un avocat, d'un comptable,
d'un analyste innovation, d'un conseiller, d'un visionnaire, d'un
expert du marketing, d'un traducteur et d'un magicien.
Le transfert de technologie, pourquoi? Mme Scholz renvoie aux
conclusions de la séance du 23 mai, aux É.-U., où le sous-comité de la
technologie, du House Science Committee, s'est réuni afin d'examiner le
rapport biennal du département du Commerce, rapport traitant du
transfert de technologie fédérale. L'industrie a fait part d'une
inquiétude, à savoir que la bureaucratie cherchait d'abord à éviter la
critique et à prendre des décisions sur le transfert de technologie
plutôt qu'à achever l'affaire, ce qui était une source de problème
potentiel. En guise de solution, les méthodes suivantes ont été
suggérées : éducation, formation et perfectionnement professionnels,
constitution de réseaux.
Il est signalé que tout indique que la délivrance de licences devient
un élément essentiel des activités de laboratoire. Mme Scholz fait
remarquer que la création de PFTT et son succès continu prouvent que
cela a déjà été admis. Selon Mme Scholz, les activités liées à la
délivrance de licences dans le laboratoire sont de plus en plus
efficaces et productives, ce qui peut être partiellement attribué aux
efforts des agents du transfert de technologie dans ce domaine et au
savoir-faire pour conclure un marché. Elle suggère de favoriser
davantage l'éducation et la formation des professionnels du transfert
de technologie. Cela peut se faire à l'aide d'ateliers, de cours et de
programmes de l'**AUTM, de PFTT et de la Licensing Executives Society
(LES), de revues d'évaluation, de publications et de guides rédigés par
des pairs, d'organismes consacrés aux relations et de formation en
cours d'emploi.
Dans sa 26e année, l'**AUTM continue d'être fière des programmes de
perfectionnement professionnels, des possibilités de nouer des
relations à l'occasion des rencontres régulières et des assemblées
annuelles, des ateliers et des cours spécialisés, de même que de son
programme d'ateliers coïncidant avec l'assemblée générale annuelle. Les
programmes de l'**AUTM sont reconnus dans le monde entier et sont
intégrés aux activités d'autres organismes du transfert de technologie.
La LES a aussi fait porter ses efforts sur son programme de
perfectionnement professionnel, lequel offre des cours de base et
supérieurs axés sur la délivrance de licences et la gestion de la
technologie, et où l'accent est mis sur les pratiques juridiques.
Pour voir cette présentation
Ross McCurdy, InNOVAcorp, Dartmouth
À titre de président et chef de la direction, InNOVAcorp, Ross
McCurdy explique le mandat de son organisme : augmenter, en
Nouvelle-Écosse, la croissance de l'économie fondée sur le savoir.
Maintenant le cap sur la technologie de l'information et les sciences
de la vie, InNOVAcorp se sert des outils suivants : incubation, capital
de risque, encadrement et partenariat. Parmi ses clients se trouvent
les universités de la Nouvelle-Écosse ainsi que ceux qui sont des
entrepreneurs potentiels, veulent être des entrepreneurs ou le seront.
M. McCurdy présente les résultats d'un sondage réalisé l'an dernier et
portant sur les petites et moyennes entreprises des É.-U. Il dit que
les facteurs de succès les plus importants au moment de présenter de
nouveaux produits ou procédés sont les suivants : le développement de
la technologie nécessaire, le marketing, l'accès aux personnes
qualifiées. Un questionnaire semblable a été distribué aux entreprises
de la Nouvelle-Écosse. Leurs réponses ont révélé que les partenariats
stratégiques, le capital de risque et les compétences administratives
étaient les éléments primordiaux de leur succès. Les entreprises
canadiennes ont dit que, pour prospérer, il leur fallait des penseurs
originaux à tous les niveaux.
Les données indiquent que c'est en 1997-1998 que l'investissement dans
la nouvelle technologie a augmenté le plus rapidement. M. McCurdy a
constaté qu'un des facteurs décisif du succès est l'incubation. Pour
composer avec sa forte insistance sur le marché, le programme
d'incubation doit consacrer plus de ressources au processus et à
l'environnement qu'à l'espace physique. M. McCurdy explique que des
services partagés sont essentiels pour combler les lacunes
administratives, pour permettre les échanges constants entre le
personnel de InNOVAcorp et les entreprises en développement, pour
répondre aux critères de sortie et d'entrée et pour fournir
l'encadrement. L'encadrement se détermine à trois niveaux :
l'encadrement entre homologues, qui se fait dans les entreprises en
incubation; l'encadrement qui donne davantage de conseils d'affaires;
l'encadrement, dans de nouvelles entreprises, par des gens d'affaires
qui ont réussi. Un incubateur doit réagir et faire preuve de souplesse,
ce qui assure la gestion des relations avec la clientèle. M. McCurdy
communique des statistiques indiquant que les entreprises qui passent
par période d'incubation officielle ont quatre fois plus de chances que
les autres de réussir en affaires en cinq ans ou moins.
M. McCurdy offre une réponse à la question relative à la façon par
laquelle l'incubation comble les lacunes. Il dit que, par l'encadrement
et le genre de programmes de formation offerts pendant l'incubation,
les personnes et les ressources adéquates sont disponibles et
permettent d'en arriver à l'expertise administrative nécessaire, à
mettre l'accent sur le marketing et sur l'investissement destiné à ces
entreprises.
M. McCurdy indique en quoi InNOVAcorp est un incubateur unique. Cette
entreprise peut investir en actions et est déterminée à investir dans
des sociétés; elle s'occupe de la gestion de la société en incubation,
par l'entremise de membres au conseil d'administration; elle trouve ou
fournit le personnel qui comble des lacunes; elle maintient un modèle
de gestion des relations avec la clientèle, et ce, en assignant à ces
sociétés du personnel technique à plein temps, et ce personnel sert de
guide : depuis l'idée de départ jusqu'au placement initial de titres;
elle décentralise le personnel de la commercialisation et le place dans
le feu de l'action.
M. McCurdy discute aussi les répercussions de l'innovation sur
l'économie de la Nouvelle-Écosse et dit combien il est difficile de
convaincre les autres du fait que le travail d'InNOVAcorp a du sens.
Cela tient à ce que, bien qu'il y ait production de propriété
intellectuelle, celle-ci est toujours exportée afin que de la valeur
soit ajoutée ailleurs. Pour cette raison, il s'ensuit que le taux des
réalisations de la Nouvelle-Écosse est l'avant-dernier au Canada. M.
McCurdy signale qu'un objectif pour l'avenir devrait être de procéder à
un virage : au lieu d'exporter la propriété intellectuelle, il faudrait
créer des possibilités locales.
M. McCurdy conclut en proposant l'équation « B/T >1 », où B est le
temps que consacre la nouvelle entreprise aux pratiques commerciales,
et T le temps qui sert au développement de sa technologie. Cette
formule représente le type de valeur ajoutée que recherche InNOVAcorp
L'actualisation de cette équation augmentera la valeur du portefeuille
d'investissement et le nombre d'emplois offerts dans la province.
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JOUR 2 - Sommaire des exposés (suite)
Lorne Heslop, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa
À titre de médiateur de cette séance, Lorne Heslop, analyste
principal de la politique scientifique à Agriculture et Agroalimentaire
Canada, récapitule brièvement l'objet de cet atelier : explorer les
expériences canadiennes en commercialisation technologique, dans un
effort pour trouver qui a acquis une expertise, comment celle-ci est
définie et comment les autres en bénéficient. Le deuxième jour
d'exposés est consacré à un tour d'horizon national servant à
recueillir les expériences bien fondées des autres. M. Heslop affirme
que, dans chacune de ces dissertations, il sera déterminé que de
nouvelles compétences doivent être acquises et ajoutées dans le
laboratoire. Parfois, cela se produira au détriment des fonds pour la
science, parfois à l'aide de ressources supplémentaires consacrées aux
nouvelles activités. Dans chaque cas, il faudra ajouter du nouveau afin
que la science développée pour le gouvernement bénéficie également au
secteur canadien avec lequel le Ministère est associé ou à d'autres.
Jeff Skinner, University College London Ventures, London, UK
Jeff Skinner, directeur, Bureau du transfert de technologie, University
College London Ventures Limited, donne un aperçu de son expérience chez
UCL Ventures et offre un court sommaire de l'histoire d'UCL en qui
concerne l'encouragement des universitaires à créer des entreprises
issues d'un essaimage. Il révèle que le principal problème a été de
trouver des gestionnaires adéquats. Les bons candidats doivent être
compétents, dévoués et fiables, respectés des scientifiques fondateurs
et respectueux de ceux-ci. La recherche systématique de gestionnaires
est idéale, mais, selon Jeff Skinner, ce sera toujours un processus ad hoc,
dans une certaine mesure. La solution de ce problème sera plus
vraisemblablement trouvée en envisageant pour la direction les options
suivantes: un agent chargé de la délivrance de licences technologiques;
un scientifique fondateur; un directeur technique; un consultant.
Lorsque le personnel pertinent est trouvé, un autre problème demeure :
quand et avec quoi le récompenser. Récompenser les gestionnaires avec
des actions au tout début de leur contrat est une erreur parce que
lorsque celles-ci sont données, il est impossible de les reprendre.
M. Skinner insiste sur le fait qu'il faut une zone de respect mutuel
entre les universitaires et les chercheurs scientifiques; elle peut
être créée par l'enseignement et par les relations. Chaque partie doit
comprendre ce que fait l'autre, respecter ses compétences et ses
intuitions au travail. Leurs idées se rencontreront à mi-chemin. Il
faut que les deux parties réalisent qu'elles se savent pas tout et
qu'il leur manque certaines compétences. Au point où leur compétence
inconsciente doit devenir consciente, le travail le plus efficace se
fera pendant que chaque partie apporte le meilleur d'elle-même.
Selon M. Skinner, une solution inefficace est la serendipité.
Encourager les scientifiques fondateurs à apprendre en cours d'emploi
est souvent une perte de temps et d'occasions de croissance. Les
scientifiques fondateurs peuvent diriger une entreprise au début, mais
ils ont rarement le temps ou la compétence nécessaire pour faire
progresser l'entreprise au-delà du premier accord de financement.
Les solutions supérieures que suggère M. Skinner sont les fonds de
lancement et les Science Enterprise Centres. UCL a décidé que, au lieu
d'offrir des fonds de lancement, l'entreprise constituerait un
consortium ayant un conseil d'administration complètement indépendant.
Les objectifs officiels de ces conseils sont d'évaluer l'idée et les
risques, d'élaborer une stratégie pour obtenir le fonds de lancement,
de superviser la création d'un plan intérimaire d'activités. Le rapport
doit appartenir aux fondateurs scientifiques et être rédigé par eux
seuls. Cela incite les fondateurs à travailler avec les gestionnaires
car, s'ils ne le font pas, ils ne recevront pas d'argent.
Le Science Enterprise Centre a pour mission d'enseigner
l'entrepreneuriat à des diplômés, du B.Sc. au Ph.D. Le Centre est
appelé à faciliter l'apparition d'un plus grand nombre d'entreprises et
à mettre sur pied de meilleures entreprises en démarrage.
M. Skinner mentionne quelques mécanismes qui permettent d'ajouter des
gestionnaires chevronnés dans les entreprises. Les étudiants devraient
être recrutés parce qu'ils sont désireux d'apprendre et ont des
attentes à long terme. En outre, ceux qui veulent démarrer des
entreprises risquées devraient être encouragés à se mêler aux étudiants
qui ont un MBA afin de pouvoir apprendre d'eux. Les étudiants et les
personnes qui sont déjà dans le métier doivent consentir à apprendre
les uns des autres. M. Skinner conclut en parlant de quelques leçons
qu'il a apprises à ce jour. D'abord, les universitaires chevronnés ont
rarement le temps de participer aux activités relatives à
l'entrepreneuriat. Le jeune personnel est toutefois « affamé » de
connaissances et veut travailler. Ces sont ces idées et ces remarques
qui ont formé la philosophie sous-jacente et les approches décrites
ci-dessus.
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David Salay, Battelle-Great Lakes Industrial Technology Centre, Cleveland, OH
Adoptant le point de vue d'un citoyen américain, David Salay,
directeur de la Commercialisation, commence par faire observer que le
Canada tourne souvent le dos aux États-Unis. Si les gens veulent que
les entreprises gardent le contact avec la clientèle, ils doivent être
prêts à faire face au marché et aux clients. M. Salay suggère que la
gestion et l'organisation des compétences devraient plus souvent faire
l'objet de discussions. Pourquoi faisons-nous de la recherche? Pourquoi
le public déciderait-il que de la recherche est nécessaire? M. Salay
répond que ce qui se fait pour commercialiser la technologie, à la fois
pour des avantages économiques et sociaux est, en premier lieu, au cœur
de la recherche.
Il fournit de l'information générale sur Battelle, une fiducie de
bienfaisance qui a été créée en 1929. Elle est au service de la plupart
des marchés industriels et gouvernementaux. Sa mission consiste à
mettre la technologie au travail. Dans un effort pour atteindre cet
objectif, elle s'occupe de deux programmes : la commercialisation
technologique des laboratoires du département de l'Énergie et la
gestion d'un centre régional du transfert de technologie de la NASA.
L'organisation de la NASA est importante. À l'intérieur, elle a un
bureau de technologie commerciale (CTO), dont la mission est de
commercialiser la technologie de la NASA. À l'extérieur, elle a un
entrepreneur qui exploite un centre régional du transfert de
technologie. M. Salay souligne qu'il faut investir beaucoup d'efforts
en commercialisation technologique. La persévérance est souvent
profitable, mais d'autres peuvent plutôt y voir de l'obstination;
quelqu'un doit donc faire preuve de souplesse et accepter de modifier
un plan et son orientation.
M. Salay présente trois modèles axés sur la sortie de la recherche des
laboratoires. Le premier est l'introduction d'un programme de congé
pour entrepreneur. Ce programme est conçu pour permettre à un membre du
personnel du laboratoire qui aspire à devenir un entrepreneur d'obtenir
une autorisation d'absence accompagnée d'un ensemble de mesures
d'encouragement : des avantages sociaux, l'option de travailler à temps
partiel au laboratoire, un soutien financier, de l'aide pour la
délivrance de licences, l'accès au personnel et aux installations. Par
la participation à ce programme, ce membre du personnel a l'avantage
d'éviter des conflits d'intérêt potentiels. Le laboratoire en profite
aussi : l'utilisation de la technologie localement; la possibilité de
conserver et d'attirer du personnel clé; une plus grande motivation
chez les employés. Le deuxième modèle consiste en la mise sur pied d'un
conseil consultatif sur la commercialisation. Cela comprend un groupe
d'entreprises externes dont les dirigeants font directement part à la
NASA du point de vue des partenaires de l'industrie. En dernier lieu,
il mentionne aussi qu'il s'agit de donner aux universités l'occasion de
se réinventer et de créer un nouveau modèle. Le rôle de l'université
dans la transmission du savoir est essentiel, et la qualité de
l'éducation dépend directement de la qualité de l'économie. Le marché
des services universitaires grandit; c'est pourquoi il faut trouver de
nouvelles façons d'offrir ces services. Les universités devraient être
intégrées aux laboratoires et à l'industrie afin de surmonter plus
facilement les différences culturelles et de maintenir le personnel à
la fine pointe des connaissances.
M. Salay apprend à l'auditoire qu'il y a un défi permanent, celui de
créer un climat positif. Quelle est la mission fondamentale de
l'organisme gouvernemental? David Salay dit qu'une raison d'être doit
tenir en partie à la commercialisation technologique. Il faut pour cela
prévoir des budgets réalistes. Les récompenses et les mesures
incitatives en question permettent de reconnaître en permanence le
mérite du travail des scientifiques et d'augmenter la satisfaction au
travail. Si tous les éléments sont réunis, les chercheurs verront les
avantages de leurs travaux et, par conséquent, la satisfaction
augmentera.
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Tom Churchwell, ARCH Development Corporation, Chicago, IL
Tom Churchwell, président, ARCH Development Corporation, a
relevé ce qu'il a nommé le « gouffre ». Il explique que, bien qu'il y
ait de l'excellente technologie dans le laboratoire, elle ne devient
une valeur qu'à son départ et lorsqu'elle se traduit par des produits
sur le marché.
La probabilité de créer un programme réussi de délivrance de licences,
c'est-à-dire clairement rentable, sera affaiblie par le manque
d'activité à risques élevés. La délivrance de licences est des plus
rentables lorsqu'elle est exécutée dans de petites entreprises. Parce
qu'il y a peu de petites entreprises dans le Midwest, l'Arch
Development Corporation a été mise sur pied pour créer des entreprises
ainsi que pour en délivrer les licences. Elle a débuté avec un
programme de mesures incitatives très fortes, tournant l'entreprise
vers les sociétés naissantes. Il est facile de créer des entreprises,
mais il est plus difficile de les faire fonctionner; pour ce faire, un
investissement de temps et d'argent s'impose.
M. Churchwell apprend à l'auditoire que, en réalité, réussir à sortir
une technologie du laboratoire et à en faire des produits relève en
premier lieu de l'entrepreneuriat. L'entrepreneuriat qui réussit est
rare, surtout dans les milieux universitaires. Il conseille aux
universitaires et aux gestionnaires importés des entreprises d'éviter
de consacrer tout leur temps à des choses qui ne progressent pas. Ils
devraient plutôt s'attarder au développement de la technologie. C'est
ce qui se produira s'ils sont en incubation, avec l'infrastructure
nécessaire à la réussite de l'entreprise. Il faudrait constituer un
réseau d'universités en vue de réunir des technologies connexes et
complémentaires. Il est plus efficace de mettre en commun la
technologie que de se contenter de la laisser dans l'inventaire. M.
Churchwell insiste sur le fait que la technologie n'est pas une affaire
de dollars, mais une affaire de " dollars intelligents ".
Un partenariat formé d'un universitaire et d'un gestionnaire
d'entreprise expérimenté est un exemple de la façon de former des
jeunes en cours d'emploi. Tom Churchwell émet une de ses opinions : «
un universitaire entrepreneur est un oxymoron », car cette combinaison
de compétences ne fonctionne que rarement. Il indique que le processus
de recrutement des cadres des entreprises devrait être systématisé. Il
faut garder à l'esprit la règle de base que personne n'est payé avant
qu'il puisse y avoir de l'argent réservé à une échelle de salaire fixe.
Après les dirigeants, l'ingrédient essentiel est « le financement
intelligent du démarrage ». Beaucoup de temps est consacré à
l'expérimentation, ce qui est une source de grand mécontentement si les
seules personnes qui administrent l'entreprise manquent de titres de
compétences et d'expérience.
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Discussion libre
John Benesh, John Benesh and Associates, Ottawa
John Benesh, président, John Benesh and Associates, amorce la
discussion en rendant hommage aux quatre experts, chacun ayant des
titres de compétences remarquables, et qui sont tous prêts à
communiquer à l'auditoire une partie de leurs connaissances
approfondies. Au cours de l'atelier, l'accent a été mis sur les
réponses aux questions suivantes : Quels sont les problèmes? Quels sont
les options? M. Benesh explique que tous les membres du groupe
d'experts sont diversement très actifs lorsqu'il faut résoudre ces
types de problèmes et passer à la pratique; il ajoute qu'ils sont prêts
à tenter de répondre à ces questions. D'abord, Pierre Fortier aimerait
faire part de ses vues sur les diverses cultures liées à la
commercialisation technologique, à différents moments du cycle de
l'innovation. Ensuite, James Murray aimerait traiter de la
collaboration dans l'acquisition de compétences dans les régions. Hany
Moustapha prendra ensuite la relève en adoptant un point de vue
différent : celui d'une grande entreprise multinationale; il parlera de
la façon de déployer rapidement les technologies environnantes et de
choisir celle qui seront utilisées. Enfin, John Woodley répondra aux
interrogations suivantes : « il est très bien d'avoir tout cela, mais
est-il possible de passer à la commercialisation? Que faut-il faire
pour protéger votre technologie et pour la faire avancer? »
Pierre Fortier, Innovitech Inc., Montreal
Quel est le grand objectif justifiant tant de recherche au Canada?
Pouvons-nous mieux faire? Pierre Fortier définit ainsi l'innovation :
méthode qui permet de mener la recherche jusqu'au marché et de veiller
à ce qu'elle serve un jour. Il souligne que le processus de
commercialisation est très complexe, que la concurrence est
internationale et sur une grande échelle; il faut donc que les
personnes soient bien formées. « Monter l'escalier de la
commercialisation » est une expression dont M. Fortier se sert pour
décrire le mouvement ascendant du processus de commercialisation.
La première étape s'intitule « indication, connaissance et nouveaux
horizons »; l'objectif est alors l'enseignement lié à l'innovation et à
l'entrepreneuriat. Le deuxième stade s'intitule « formation supérieure
en entreprise », ce qui peut prendre la forme d'entraînement ou
d'encadrement. Un centre d'entreprise pourrait également servir à
donner la formation de base destinée à toute personne qui s'intéresse
au sujet. Vient ensuite le stade antérieur à l'incubation, lequel est
suivi de l'incubation. En dernier lieu se trouve le stade du risque. Il
souligne qu'il y a des cours de formation pour les personnes de niveaux
divers et de contextes différents.
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James Murray, Université de l'Alberta, Edmonton
James Murray déclare que, sur le plan de la collaboration, le but est
de créer un système d'innovation sain et résistant. Les personnes
seront incitées à atteindre cet objectif en produisant des résultats et
en créant de la richesse pour le Canada. M. Murray apprend à
l'auditoire que l'industrie de la commercialisation technologique en
est à ses premiers pas au Canada. Ses raisons pour penser ainsi sont
les suivantes : les activités de la commercialisation technologique
dans le secteur public ne sont pas assez bien financées; il manque de
personnes suffisamment compétentes et expérimentées pour administrer
ces activités dans les universités; les services fédéraux et
provinciaux de recherche ne sont pas encore à la hauteur de leur énorme
potentiel.
M. Murray explique que les entreprises dérivées sont les principaux
moyens de maximiser les bénéfices. Souvent les redevances n'apportent
qu'une petite contribution à l'économie locale par rapport à ce que des
entreprises dérivées peuvent faire. La combinaison idéale de
compétences englobe une compréhension de la technologie, de la gestion
et des finances. Il est très rare que quelqu'un soit aussi polyvalent;
il est donc essentiel d'avoir des programmes qui réussisse en matière
d'acquisition des compétences. En dépit de l'existence de tels
programmes, notamment l'**AUTM et la LES, qui sont des exemples des
secteurs public et privé, il reste un écart à combler, à savoir
l'enseignement d'une sorte de gestion de propriété intellectuelle (PI)
et des affaires, associée à un encadrement, le tout destiné aux
professionnels du transfert de technologie.
WestLink Innovation Network a regroupé les universités au sein d'un
organisme sans but lucratif. Ce réseau a été constitué pour faciliter
la communication, la collaboration, la formation et pour le groupage de
technologie. Jim Murray proclame que WestLink tire une grande fierté de
son regroupement de treize universités, avec leurs organismes de
recherche affiliés. Bien que Western Network ait un menu de programmes,
son premier objet est de répondre au besoin d'acquisition de
compétences en transfert de technologie. WestLink a parrainé plusieurs
programmes à cette fin. Par exemple, il y a eu le soutien apporté à The
Basics of Technology Transfer and Intellectual Property (éléments de
base du transfert de technologie et de la propriété intellectuelle) -
pour le personnel des universités et les étudiants qui s'intéressent à
ce processus et veulent en apprendre davantage. Un autre programme
s'intitule Spin-off Company Formation - Going Corporate (création
d'entreprises dérivées - constitution en société). WestLink accorde
également un appui à un programme de stage, lequel n'est pas encore
complètement élaboré. Ce dernier programme prévoit un séjour de huit
mois dans un bureau de liaison d'une industrie, huit mois dans une
entreprise de commercialisation technologique titulaire d'une licence,
de même qu'un autre huit mois dans une société de capitaux à risque qui
en est à ses débuts. Ce programme peut être modifié et prévoir une
période de travail au gouvernement fédéral.
James Murray admet qu'il y a des frontières plutôt rigides entre le
gouvernement, le secteur privé et les universités. Selon M. Murray, il
faut davantage de déplacements de personnes et d'idées à ces
frontières. Il croit que la collaboration bénéficierait à toutes les
parties, répondant aux besoins grandissants de communication et de
relations.
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Hany Moustapha, Pratt & Whitney Canada, Longueuil
Hany Moustapha présente de l'information sur le perfectionnement des
compétences en culture de l'innovation. Il insiste sur l'importance
critique de la structure et du processus (discipline). Les techniciens
supérieurs devraient connaître la valeur de la collaboration pour ce
qui a trait à l'effet multiplicateur et à l'intégration de la
technologie, ce qu'ils se doivent d'assurer. L'exécution est aussi très
importante; par exemple, une préparation augmentera la rapidité, et la
communication sensibilisera davantage. Une stratégie d'entreprise
s'impose afin d'assurer " l'attrait du produit ", ce qui est synonyme
d'attrait de la technologie.
L'équilibre du portefeuille exige la gestion du risque. M. Moustapha
suggère que, dans ce cas, le mieux est de commencer au point le plus
bas, soit l'intégration, et de travailler vers le haut, soit le stade
de l'exécution. Toutefois, en terme de technologie, le contraire est
vrai et le travail devrait se faire du haut vers le bas.
Une entreprise dispose de quatre stratégies : la réduction du coût, le
revenu de la technologie, l'amélioration des systèmes de conception et
des procédés de fabrication; un autre peut porter sur les problèmes
environnementaux.
Il insiste sur l'importance de la simulation de la concurrence,
c'est-à-dire connaître les compétiteurs avant de soumissionner. La
Competitive Intelligence Board (CIB) (conseil de veille
concurrentielle), chez Pratt & Whitney, émet des hypothèses sur les
stratégies qu'emploieront les compétiteurs afin de battre son
employeur. C'est un mécanisme de défense qui permet à l'entreprise
d'être prête à déjouer les efforts des concurrents. L'analyse de la
concurrence exige de penser à la position de l'entreprise à l'égard de
chaque élément suivant : technologie vs concurrence, associés, etc.
Ensuite, le plan d'action est dressé et démarre.
M. Moustapha suggère que la collaboration en R. et D. demande de
trouver un équilibre entre la recherche, pilotée par la technologie, et
le développement, qui l'est par le marché. Qu'est -ce que nous
partagerons au Canada même, puis à l'échelle mondiale?
Le développement technologique comprend ceci :
M. Moustapha souligne ensuite l'importance de conserver un lien solide
avec la clientèle. Il est essentiel qu'un professionnel du transfert de
technologie comprenne les besoins des client et son entreprise ou ses
affaires. Voici d'autres objectifs sur lesquels les ATT doivent
insister : assurer l'intégration; lier la R. et le D.; offrir un cours
de gestion de programme de recherche; respecter la marche à suivre en
S. et T. quant à la gestion de la technologie (exploitation,
application, déploiement).
Il traite de plusieurs défis que doivent relever les agents du
transfert de technologie, ou dont ils doivent s'occuper : exode des
cerveaux; conservation de l'équilibre entre spécialistes et
généralistes; détermination de la priorité de la technologie
(habituellement au bas de l'échelle); le fait que les universités
doivent rattraper l'industrie. M. Moustapha conclut en déclarant que le
transfert de technologie commence par des classeurs et des écrans
d'ordinateur et aboutit à un produit; il souligne que ce processus doit
se dérouler très rapidement!
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John Woodley, Sim and McBurney, Toronto
John Woodley explique que son travail d'agent de brevets et de
marques de commerce consiste à protéger la propriété intellectuelle
ainsi qu'à s'occuper de délivrance de licences et du transfert de cette
technologie. Il soulève des questions et des inquiétudes relatives à la
protection de la propriété intellectuelle, à la prudence raisonnable et
aux relations.
En ce qui a trait à la protection de la propriété intellectuelle, M.
Woodley explique que l'Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle fait de grands efforts pour harmoniser les lois sur les
brevets de tous les pays où quelqu'un pourrait chercher une protection.
M. Woodley demande de songer aux questions suivantes : Quelles sont les
répercussions sur le système canadien? Cela nous aide-t-il en transfert
de technologie?
En matière de prudence raisonnable, John Woodley conseille de
considérer les questions suivantes : Où la technologie va-t-elle? Au
moment d'envisager le transfert d'une technologie, y a-t-il une
fondation en place? De quelles enquêtes les clients ou les titulaires
de licences potentiels ont-ils besoin pour que tout soit satisfaisant?
Parce que la prudence raisonnable peut être coûteuse et chronophage, y
a-t-il des raccourcis? John Woodley suggère que recourir à Internet
comme outil de marketing (en appariant la technologie et les
partenaires potentiels) pourra aider à trouver une solution à la
dernière question.
La gestion des biens intellectuels, selon M. Woodley, peut être
déterminée par l'expression « capital intellectuel », ce qui correspond
à la somme du capital humain et des biens intellectuels. Cela peut-il
servir dans les centres financés par les deniers publics? Dans
l'affirmative, comment est-il possible de procéder à une évaluation? Il
mentionne que de la concurrence vient de l'industrie. Les grandes
entreprises devraient commencer par étudier la situation interne de
leur portefeuille de brevets, étudier les façons de fabriquer de la
technologie brevetée et d'obtenir une meilleure valeur pour cette
technologie. Cela devient leur atout majeur à la délivrance de licences
parce que « le puit a alors une profondeur limitée au moment de mettre
en place une nouvelle technologie », et des clients potentiels
deviennent des concurrents.
Quant aux relations, quelqu'un doit trouver d'où vient vraiment la
demande pour la science. L'Amérique du Nord et l'Europe sont souvent
les premiers endroits qui viennent à l'esprit, mais faudrait-il songer
aussi à l'Asie du Sud-Est et à l'Amérique du Sud, où des programmes
relatifs à la PI apparaissent? M. Woodley révèle à l'auditoire que le
Canada est bien placé pour développer de la nouvelle technologie et
pour délivrer les licences connexes à l'échelle internationale.
John Woodley parle brièvement de la Licensing Executives Society. Il
mentionne les nombreuses possibilités de celle-ci en matière
d'éducation et de relations. Il signale que deux des meilleures
caractéristiques de la LES sont ses cours de perfectionnement
professionnel et son programme complet pour débutants. Ce dernier
programme comprend quatre modules : notions de base sur la propriété
intellectuelle et la délivrance de licences; évaluation de
possibilités; conclure l'entente; vivre avec l'entente.
Période de questions et réponses
Question
Comment est-il possible de protéger la propriété intellectuelle en
Chine? Vous avez dit que l'Asie du Sud-Est met en œuvre ses programmes
de protection de la PI, mais nous sommes éloignés du point où les
entreprises se sentiront à l'aise sur cet énorme marché. Comment
devrions-nous protéger la PI dans ce pays en attendant le moment où la
protection fera partie de ses usages?
Réponse (John Woodley)
M. Woodley mentionne en premier lieu que la protection des brevets en
Chine pourrait être demandée et obtenue. Le processus n'est pas
tellement coûteux, car il est simple. En outre, bien que la Chine n'ait
pas beaucoup d'expérience dans l'application des brevets, il croit
qu'il ne faut pas s'inquiéter parce que le processus est tellement
lent? Ce qui importe, c'est que la protection soit en place; la Chine
aime avoir la technologie et le savoir-faire.
Réponse (Jim Murray)
M. Murray souligne que, souvent, la demande de brevets et de beaucoup
de protection en Asie aboutit à beaucoup de transfert de savoir-faire
mais non à une licence. Il parle ensuite de son expérience de travail
en Orient et de sa participation aux missions commerciales et aux
salons de la technologie. Il dit qu'il croit que, en tant que Canadiens
et petit pays, nous pouvons mieux faire aux É.-U. et en Europe parce
que nous avons en commun la culture, les pratiques commerciales et la
langue. Somme toute, nous pouvons exploiter des entreprises qui
réussissent mieux dans ces pays. Il conclut en affirmant qu'il y a des
débouchés en Asie, mais c'est un monde difficile, et la technologie se
retrouve souvent entre les mains de quelqu'un avec qui il y a ni
entente ni licence.
Question
Qui devrait détenir les droits de propriété intellectuelle de projets de R. et D. financés par le gouvernement?
Réponse (Jim Murray)
Si une université ou le gouvernement fédéral se prépare à négocier une
entente avec Pratt & Whitney, par exemple, il faut que cette partie
ait des droits de propriété bien fondés et clairs pour ce projet.
Réponse (Hany Moustapha)
M. Moustapha signale que sa société, Pratt & Whitney, a la PI dans
les conditions suivantes: il s'agit d'une technologie ou d'un projet
ayant un rapport étroit avec son entreprise; ce n'est pas un projet
générique; il y aura une différence en matière d'avantage technologique
et concurrentiel de l'entreprise; la pénétration du marché sera plus
poussée.
Réponse (John Woodley)
M. Woodley explique que la propriété fait partie de la question de
prudence raisonnable parce que beaucoup d'argent peut être dépensé pour
être certain que les affaires sont en ordre. Il suggère de penser aux
questions suivantes : « Êtes-vous prêt? » et « Êtes-vous préparé? »
Dans un milieu universitaire, il est difficile d'être certain des
réponses; il est donc important que des personnes de votre bureau de
gestion de la PI surveillent les subventions. Il conseille aux
entreprises d'avoir une position claire pour ceci : qui est le
propriétaire de quoi; qui a droit au revenu de la commercialisation de
ce produit.
Question
Un certain nombre d'inventeurs qui veulent lancer la technologie sur le
marché peuvent ne pas avoir l'aptitude réelle de le faire, mais refuser
néanmoins de céder le contrôle. Avez-vous des suggestions pratiques à
ce propos?
Réponse (John Woodley)
Une approche qui est explorée est l'organisation d'un groupe dont
l'objectif est de transformer la technologie qui se trouve sur l'établi
universitaire en un système commercial viable, sans placement de
capital de risque. L'inventeur participera donc au processus, mais sans
courir le risque de perdre le contrôle du système au moment où une
coentreprise sert à faire évoluer la technologie jusqu'au stade de la
commercialisation. C'est à ce stade que l'inventeur trouvera un
acheteur potentiel et perdra le contrôle, mais la participation de
l'inventeur à ce point est acceptée et récompensée. L'inventeur a alors
l'option d'être affilié à l'entreprise qui prend la technologie ou de
prendre de l'argent et de partir.
Réponse (Jim Murray)
M. Murray insiste sur le fait que les inventeurs doivent participer
étroitement au processus, puisqu'ils sont nécessaires à tous les stades
: demande de brevet, travail avec l'équipe de délivrance de licences,
travail avec les titulaires de licences. Il avertit l'auditoire : dès
que vous commencez à écarter du système les inventeurs, vous vous
préparez à avoir des ennuis.
Question
Le point qui est soulevé porte sur l'aversion pour le risque dans les
organismes gouvernementaux. Il paraît qu'il y a du changement et que,
par conséquent, un changement d'attitude à la fonction publique
s'amorce. Il semble que les personnes y soient plus encouragées à
prendre des risques. Si nous voulons vraiment résoudre ce problème,
pouvons-nous commencer à l'intérieur du milieu plutôt restreignant des
établissements de recherche gouvernementale et universitaire? Face au
rythme du changement, devrions-nous promouvoir et encourager la
formation de structures à l'extérieur de ces milieux restrictifs afin
de pouvoir aller vraiment de l'avant avec un programme de
commercialisation?
Réponse (Pierre Fortier)
M. Fortier explique que, pour changer une culture de chercheurs, des
centres d'entreprise ont été créés à l'Université de Montréal et
ceux-ci pourraient servir d'exemple. Ces centres ne sont pas des
endroits où les gens viennent avec des projets à commercialiser, mais
plutôt des lieux où ils parlent des problèmes et adoptent graduellement
une nouvelle culture. Il ajoute que, si le bureau de la
commercialisation de chaque ministère est trop petit, il serait alors
efficace de fonctionner à l'extérieur du gouvernement ou d'avoir un
bureau centralisé.
Réponse (Jim Murray)
Au Canada, ce que nous avons prouvé, c'est que présenter un à un les
avantages économiques de l'excellence en recherche ne fonctionne pas du
tout! Il dit que nous avons besoin de plus de personnes, mais aussi de
points de référence pour suivre le progrès. Cela nous aidera à savoir
où nous nous trouvons à un moment donné, à aller de l'avant et à
adapter le modèle. Si nous n'avons pas de relevés de nos progrès, notre
niveau de vie baissera et nous ne serons plus concurrentiels. Il
signale que nous avons actuellement les personnes et la recherche; il
ne nous reste plus qu'à veiller à aller de l'avant.
Déclaration de la fin
M. Benesh conclut la séance en déclarant que nous sommes « sur le point
d'avoir une occasion extraordinaire de faire le prochain pas de géant
en commercialisation technologique ». Il répète que la
commercialisation technologique est entièrement une affaire de
personnes et de compétence. Il souligne aussi que tout est dans la
vitesse? M. Benesh constate la grande sagesse que chaque expert a
acquis au fil des ans. Il les remercie tous d'avoir fait part de leurs
opinions et d'avoir fait profiter les participants de leur expertise.
En concluant, il encourage le groupe d'experts et l'auditoire à penser
à un élément déterminant du succès sur lequel nous devons travailler au
cours des six prochains mois, et ce, en vue de faire réellement une
différence.
Mot de la fin
Thomas Brzustowski, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Ottawa
M. Brzustowski, président, Conseil de recherches en sciences naturelles
et en génie du Canada, termine l'atelier en signalant que l'impression
générale qui se dégage de cet atelier est que les Canadiens savent
comment innover, le font bien et sont prêts à mettre sur pied les
organismes permettant de faire face aux circonstances entourant
certaines situations qu'il ont réussi à démêler. Il déclare que le plus
gros problème est que, même si l'innovation a été maîtrisée, nous
n'avons pas encore assez d'innovation. Il dit qu'un thème qui a refait
surface au cours de ce colloque était l'innovation fondée sur la
recherche, que ce soit dans une université ou un laboratoire. Il prie
l'auditoire d'admettre qu'il y a beaucoup d'innovation valable qui ne
repose pas sur de la recherche. M. Brzustowski recommande à l'auditoire
de prendre conscience du fait que l'innovation qui découle de la
recherche, laquelle n'occupe qu'un petit segment du très vaste domaine
de l'innovation, devrait cesser d'être notre préoccupation principale.
M. Brzustowski pose aussi plusieurs questions. Pourquoi avons-nous tant
de mal à nous organiser dans ce pays? Des organismes utiles ont été mis
en place et fonctionnent à l'échelle mondiale, alors pourquoi y a-t-il
des hésitations au Canada? Pourquoi des questions qui ne sont pas
débattues dans d'autres pays le sont-elles souvent ici?
En tant que pays, nous sommes au milieu d'une transition. En dépit du
manque d'appui et de compréhension de la part de la population, nous
passons graduellement d'une économie primaire, fondée sur les
ressources naturelles, à une économie de l'innovation, axée sur le
savoir. Pour ce qui a trait aux mots de Michael Porter, Tom Brzustowski
explique que chaque économie nationale passe en général par quatre
stades : le stade reposant sur les ressources, le stade des
investissements, le stade de l'innovation et le stade fondé sur la
richesse. Il croit que, bien que le Canada ait un pied dans la réserve
de ressources et soit toujours actif dans les investissements, il est
très dangereux de parvenir au stade de la richesse sans passer, au
préalable, par le stade de l'innovation. En fin de compte cela risque
de provoquer le déclin du pays si des changements ne sont pas opérés.
M. Brzustowski dit que cet atelier a fourni l'occasion de rencontrer
des personnes brillantes et de prendre connaissance d'idées également
brillantes. Il croit toutefois que cet atelier a été victime du «
syndrome de Casablanca » (un tour d'horizon consacré au « suspect
habituel »), ce qui signifie que les personnes s'adressaient à un
auditoire reconnaissant déjà la valeur du transfert de technologie. M.
Brzustowski suppose aussi que, pour la majeure partie de l'atelier, il
n'y avait dans l'auditoire personne à convaincre ou à persuader. Tom
Brzustowski mentionne qu'un « changement qualitatif » est des plus
impérieux dans les activités auxquelles s'intéresse PFTT. Il termine
avec deux questions qui demandent de la réflexion : Qui doit changer de
comportement? Qui devrait assister à l'atelier de l'an prochain, ce qui
permettrait de les persuader de changer ce comportement?
Séances d'information
Bernie Arbez, Industrie Canada, Ottawa
Mariette Plante, Secrétariat du Conseil du Trésor, Ottawa
Bernie Arbez donne un aperçu des principaux aspects de la politique du
Conseil du Trésor du Canada : « Le titre de propriété intellectuelle
(IP) découlant des marchés d'acquisition de l'état ». Elle indique que
cet politique résulte d'une révision de la politique de1991 et a été
légalisée le 1er juin 2000. Elle commence par donner quelques
définitions liées à cette notion, notamment qu'un marché
d'approvisionnement de la Couronne est une entente entre la Couronne et
un entrepreneur, en vue d'acquérir des biens et services ou d'offrir
des biens et services.
Mme Arbez signale que la politique améliorée doit être mise en œuvre,
compte tenu de ce qui suit : protection de l'intérêt public, besoins
des ministères en cause, l'efficience, l'optimisation des deniers
publics, l'équité envers le secteur public, l'encouragement de
l'exploitation commerciale. Mme Arbez souligne que cette politique doit
également être assez souple pour s'appliquer à l'ensemble de l'appareil
gouvernemental et sans entrer en conflit avec les divers mandats
ministériels. La nouvelle politique comporte des exemptions; elles ont
été explicitées afin de répondre aux besoins du gouvernement comme de
l'industrie.
Elle souligne les modifications de cette politique : la préparation
d'un guide de mise en œuvre; la formulation de clauses modèles;
l'engagement d'Industrie Canada d'offrir des séances d'information au
personnel clé des ministères; la diffusion de trousses de formation
contenant une foire aux questions. Les ministères sont encouragés à
adapter les clauses modèles, non sans l'aide d'un conseiller juridique,
afin de se conformer à leur propre pratique et que le tout soit en
harmonie avec leurs documents contractuels.
Mme Arbez assure les participants que l'objectif de la politique est
inchangé. Le premier objet d'un marché d'approvisionnement de la
Couronne est de permettre à celle-ci de se servir des produits et
services en cause. La prémisse sous-jacente de la politique est que
l'innovation contribue à la croissance économique en améliorant
l'efficacité de la production ou en développant de nouveaux produits et
services qui répondent mieux aux besoins. La commercialisation de la PI
liée à ces innovations est un moyen par lequel les innovations arrivent
sur le marché.
Qui cette politique vise-t-elle? Mme Arbez explique que cette politique
vise tous les ministères et organismes, conformément à ce que prévoit la Loi sur la gestion des finances publiques.
Que vise cette politique? Cette politique ne vise pas la propriété d'un
nom commercial ou d'une marque de commerce ou le droit de s'en servir,
l'information personnelle, les contributions, les subventions et les
ententes de coopération.
Mme Arbez et Mme Plante répondent ensuite aux questions posées par les membres de l'auditoire.
Ken Wheat, Secrétariat du Conseil du Trésor, Ottawa
Mr. Wheat donne un aperçu de la Stratégie d'information financière
(SIF). il explique d'abord l'objet de la SIF : offrir de la meilleure
information aux gestionnaires. C'est un des outils. Il énumère ensuite
les trois parties de la mise en œuvre de la SIF : un changement de
système; un changement de politique; un changement de personnes.
En ce qui a trait à la comptabilité, le but de la SIF est d'amener le
gouvernement et le ministère à la comptabilité d'exercice, laquelle
rend compte du income lorsqu'il est gagné et de la dépense lorsqu'elle
est engagée; le tout devrait être en place en 2001-2002. La
comptabilité d'exercice un moyen de mesurer les effets financiers des
événements économiques sur un organisme, que ces événements soient causés par l'organisme même ou que ce soit des choses qui arrivent
à l'organisme. Ken Wheat souligne que le gouvernement fonctionne déjà
partiellement avec la comptabilité d'exercice, ce qui est une
comptabilité de trésorerie avec quelques modifications, notamment les
sommes à payer à la fin de l'année; il reste donc un très grand pas à
franchir.
La production des états financiers (un état de la position financière,
soit un bilan, et un état des résultats d'exploitation, qui donne le
coût net de la prestation d'un programme, et d'autres états) est le but
final de ce type de comptabilité. M. Wheat précise que le but est
d'appliquer la comptabilité d'exercice aux divers phénomènes
économiques comprenant la PI; ainsi les revenus et les dépenses
associés à la PI dans un état des résultats d'exploitation sont
reflétés précisément, et les biens de la PI dans un état de la position
financière sont inscrits.
M. Wheat signale plusieurs défis de cet objectif. Du point de vue
financier, il n'y a pas de lignes directrices acceptées quant à la
façon de rendre compte des nombreux types de PI. En raison de ce manque
de règles, il est possible que des PI ne paraissent nul part; certaines
pourront aussi être sous-évaluées, et d'autres devant être capitalisées
pourraient bien être portées aux dépenses. Ken Wheat signale que c'est
une faiblesse de toute comptabilité et non de la seule comptabilité
d'exercice. Le second défi est la terminologie.
Pour qu'un élément soit un actif, Ken Wheat énumère deux préalables :
le coût doit être raisonnablement évalué et il faut être certain que
cet élément apportera des bénéfices dans les périodes à venir. La
recherche échappe au second préalable. Par conséquent, le coût associé
à la recherche est porté aux dépenses. En général et pour la même
raison, le coût du développement est également porté aux dépenses. Par
contre, si certains critères sont respectés, le coût du développement
peut être reporté, c'est-à-dire, que les coûts sont accumulés et
paraissent à l'actif. M. Wheat apprend à l'auditoire que tout se qui
découle du stade de la R. et D. est un élément d'actif et que tout ce
qui sert à protéger cet objet est un autre élément d'actif. Ce n'est
pas une seule et même chose, par exemple, le produit est un actif et le
brevet en est un autre.
Il classifie ainsi les actifs immobilisés incorporels (c.-à-d. brevet,
droit d'auteur) : ils sont identifiables ou non identifiables. Le coût
des ces actifs devrait être comptabilisé. Si un brevet est acheté, sa
valeur au détail devrait être comptabilisée; par contre, s'il est
produit, le coût de production (c.-à-d. frais juridiques, droit de
dépôt, etc.) devrait paraître.
Ken Wheat mentionne un problème; une certaine controverse entoure les
deux livres de règlement : secteur public et secteur privé. Si le
manuel bleu (Institut Canadien des Comptables Agréés - ICCA) est
utilisé, il y aura très peu de reports et très peu de capitalisation.
Le manuel rouge (**Public Sector Accounting Board - PSAB) est plus
souple en matière de capitalisation sans perspective de revenu futur;
plus de coûts pourraient donc être capitalisés. En théorie, il y aurait
là un bien meilleure indication de la position financière du
gouvernement et de la situation relative aux coûts; le manuel rouge ne
traite toutefois pas des actifs incorporels ou de la R. et D.
M. Wheat conseille de parler au personnel du service financier qui
s'occupe de la R. et D. de l'entreprise. Il conclut en insistant sur le
fait que la comptabilité n'est pas une science puisqu'il n'y a PAS DE
RÈGLES!